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Ma collection de Baïonnettes

Category Archives: Z France

Baïonnette modèle 1895 d’essai Daudeteau

Longueur : 640 mm
ø interne de la douille : 15 mm ou 14 mm

Armement : fusil Daudeteau

Valeur : €€€ €€€ €€
Rareté :  che1valierche1valierche1valierche1valierche1valierche1valierche1valier
Remarques :
Le commandant Louis d’Audeteau était un inventeur prolifique et autodidacte. De 1884 à 1885 il inventa un système d’arme comportant un magasin particulier qui lui est propre. Autour de ce magasin vient se greffer une boîte de culasse et un canon adaptable à de nombreuses cartouches allant du calibre de 6 mm à 8 mm, certaines à gorge, d’autres à bourrelet ou semi-bourrelet et toutes de son invention.
Suite à ses travaux, plusieurs prototypes seront proposés aux autorités militaires françaises et étrangères, la plupart en calibre 6,5 mm. La France déclinera l’offre malgré une campagne d’essai au camp de Châlon en 1895-1896, d’autres pays l’essayeront (Portugual, Roumanie, Chine, Chili, Espagne et Japon entre autres) mais seul la République de San Salvador en achetera un certain nombre. Pour ces essais et cette commande 10 000 fusils et 5 000 carabines en 6,5 mm seront construits pour le compte de la Société Française d’Armes Portatives de Saint-Denis.
En 1926, à la mort du commandant Louis Daudeteau (qui avait entretemps supprimé la particule de son nom) les différents prototypes seront rassemblés dans la propriété familiale en Normandie. C’est là qu’ils disparaitront dans la débâcle allemande de 1944 suite à leur « confiscation » par la gendarmerie en 1940 et leur pillage par les occupants.

Ce prototype, jamais adopté par l’armée française est une transformation de l’épée-baïonnette modèle 1886 à soie courte. Il y a eu en tout 10 000 baïonnettes ainsi transformées, par la manufacture d’armes de Saint-Etienne à partir de février 1894.

La poignée de ce modèle est uniquement en maillechort (alliage de cuivre, nickel et de zinc). Le verrouillage à l’arme s’effectue grâce au bouton poussoir quadrillé situé sur une virole qui pivote autour de la poignée, son rappel est assuré de manière classique par un ressort intégré avec goupille vissée. La croisière fixée à la lame par un rivet saillant est munie d’une bague avec un petite encoche destinée à intégrer le guidon de l’arme. Elle comporte un crochet destiné en théorie à briser la baïonnette de l’ennemi est aussi utilisé pour former les faisceaux à trois fusils baïonnette fixée au canon.

Comparatif entre pommeaux du M-1895 et M-1886 à soie courte

Pour s’adapter au fusil Daudeteau, il est fort probable que la poignée brute spécifique de la baïonnette M-1890 de gendarmerie a été réutilisée. Elle comporte d’origine une rainure longitudinale réalisée lors du moulage sur le côté gauche afin d’y intégrer la baguette de nettoyage. L’arrière du pommeau obturée pour l’esthétique par un petit bouchon en acier, a été réduit à un diamètre d’environ 15,5 mm.

Il aurait été impossible mécaniquement de réaliser la réduction du diamètre de l’arrière du pommeau avec une poignée nouvellement conçue, utilisée à partir de mai 1890, dont la fixation de la soie s’effectue grâce à un écrou.

A= Variante antérieure à 1893, B= ultérieure à 1893

Particularité, ce modèle à soie courte fabriqué à partir de 1894, possède un taquet de fixation modifié en largeur en 1893, de 5 mm à 7 mm, suite au décrochage des baïonnettes lors du tir.

Cette baïonnette ainsi que son fourreau jamais attribués, sont dépourvus de tous poinçons de contrôle ainsi que du n° de matricule à l’arme.

La lame de section quadrangulaire munie de quatre arêtes et de quatre gouttières est vissée sur la poignée.

Le fourreau d’origine est de constitution identique au modèle 1886 standard, à partir de 1893, il sera fabriqué par emboutissage, afin d’améliorer la solidité du corps, son extrémité n’est pas percée.

Période d’utilisation :
Jamais en France.

Avis personnel sur l’attrait de ce modèle :
Pour tout bon collectionneur de matériel « made in France », ce modèle est indispensable, seul hic son prix assez élevé, attention à la bonne concordance du fourreau dépourvu de matricule.

Dernière mise à jour le 11/03/21.

Category Archives: Z France

Baïonnette modèle 1890 (de gendarmerie)

Longueur : 635 mm
ø interne de la douille : 13 mm

Armement : carabine M-1890 de gendarmerie et fusil 1902

Valeur : €€€ €€€ €
Rareté :  che1valierche1valierche1valierche1valierche1valierche1valierche1valier
Remarques :
La carabine de gendarmerie M-1890 a été fabriquée à 36 640 exemplaires est livrée à partir du 8 septembre 1892 à la gendarmerie départementale et à la garde républicaine.

L’épée-baïonnette M-1890 adoptée probablement à la même époque, est issue des essais présentés en 1887 par M. Berthier, chef de bureau à la Cie Algérienne des chemins de fer. 

En 1901, le gouverneur d’Indochine demanda un fusil adapté aux troupes indigènes. Le Comité Technique de l’Artillerie propose deux types de carabines, versions « allongées » de la carabine de gendarmerie  M-1890, dont le plus long est adopté sous le nom de « Fusil de tirailleur indochinois M-1902 ». Il était équipé également de l’épée-baïonnette M-1890. La commande de 1903 fut expédiée au Tonkin, les commandes complémentaires de 1906 et 1907 comportaient donc des baïonnettes à lame longue. En 1912 seulement, cette épée-baïonnette s’étant avérée trop longue, il fut décidé par le ministre de la marine d’adopter une épée-baïonnette, plus courte, en ramenant la longueur de la lame de 520 à 400 mm.

La poignée de ce modèle est uniquement en maillechort (alliage de cuivre, nickel et de zinc). Pour s’adapter à l’arme, un méplat sur le dessus de la poignée et une rainure longitudinale sur le côté gauche  afin de pouvoir y intégrer la baguette de nettoyage ont été réalisées lors du moulage. Elle est munie d’un système de verrouillage spécifique (de type Berthier 1892), le tenon porte-baïonnette de la carabine pénètre à l’intérieur de la poignée évidée dans ce cas. Le bouton de verrouillage situé à gauche actionne un verrou à rappel par ressort interne. 

La croisière fixée à la lame par un rivet saillant est munie d’une bague avec un petite encoche destinée à intégrer le guidon de l’arme. Elle comporte un crochet destiné en théorie à briser la baïonnette de l’ennemi est aussi utilisé pour former les faisceaux à trois fusils baïonnette fixée au canon. Il porte généralement la lettre A (de la manufacture d’armes de Châtellerault suivie d’un numéro de série).

La lame de section quadrangulaire munie de quatre arêtes et de quatre gouttières est vissée à la poignée grâce à un écrou.

Le fourreau d’origine est de constitution identique au M-1896 standard, à partir de 1893, il sera fabriqué par emboutissage, afin d’améliorer la solidité du corps, son extrémité n’est pas percée.

Les porte-fourreaux utilisés pour ce modèle sont, voir (Porte-fourreaux) français N° : FR 18 A, B.

Remarques perso :
Merci à Marc pour les photos car je ne possède pas ce très rare modèle. Hélas …

Dernière mise à jour le 01/05/20.

Category Archives: Z France

Baïonnettes modèles 1886 et 1886-15

Lors de sa conception, le fusil Lebel modèle 1886 est équipé d’une nouvelle épée-baïonnette à poignée métallique fixée sous le canon, non plus sur le côté.

Cette baïonnette « dite ergonomique », avec son système de fixation innovant, permet au militaire d’utiliser qu’une seule main, lors de la mise en place sur l’arme. La lame au départ de section ronde était rendue cruciforme par forgeage à chaud, c’était pour l’époque une innovation. Sa conception est le résultat d’études réalisées au cours de la guerre civile américaine et la guerre franco-prussienne qui a démontré que les sabres-baionnettes de type Chassepot modèle 1866, sauf dans des mains d’experts, étaient rarement efficaces en cas de combat rapproché.

Conclusion : Les blessures les plus graves furent causées par la pointe de la baïonnette fixée au fusil.
La décision fut donc prise de concevoir une fixation innovante pour une baïonnette, sous le fusil et non sur le côté droit comme pour les modèles de conception antérieure. Durant les combats de la Première Guerre mondiale, malgré toutes ces innovations, les soldats de l’infanterie en première ligne critiqueront la longueur excessive de la baïonnette fixée au fusil, très peu fonctionnelle dans les tranchées (longueur totale 1 825 mm).

Pour cette baïonnette trois variantes principales existent : 

  1. Le modèle 1886 à soie courte

Longueur : 640 mm
ø interne de la douille : 15 mm
Poids : 405 g

soldat fr lebel3

Armement : fusil Lebel M1886 et dérivés

Valeur : €€€ €
Rareté :  che1valierche1valierche1valierche1valier
Remarques :
La première variante de la série, à soie courte a été fabriqué durant une très brève période, de 1886 à mai 1890.

Finition remarquable à la lime par traits croisés

La poignée de cette variante est uniquement en maillechort, son extrémité est obturée, pour l’esthétique par un bouchon en acier. Le verrouillage à l’arme s’effectue grâce au bouton poussoir quadrillé (dont il existe plusieurs variantes) situé sur une virole qui pivote autour de la poignée, son rappel est assuré par un ressort intégré avec goupille de guidage vissée. Le 15 juin 1888, la goupille vissée sera supprimée et le ressort allongé de 6 à 7 spires. La croisière fixée à la lame par un rivet saillant est munie d’une bague avec un petite encoche destinée à intégrer le guidon de l’arme.

Pour exemple (M-1886 à soie longue)

Le crochet destiné en théorie à briser la baïonnette de l’ennemi est aussi utilisé pour former les faisceaux à trois fusils baïonnette fixée au canon. Il comporte le matricule de l’arme répété sur le pontet du fourreau à laquelle la baïonnette était affectée. Trois manufactures d’armes Nationales ont fabriqué ce modèle, suivant la ou les premières lettres du n° de série de (1 à 99 999), il est possible d’en connaitre sa provenance.

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  1. Manufacture Nationale d’Armes de Châtellerault (MAC) … A, B, C, D, E.
  2. Manufacture Nationale d’Armes de Saint-Etienne (MAS) … F, G, H, J, K, L, M, N, P, Q.
  3. Manufacture Nationale d’Armes de Tulle (MAT) … R, S, T, U, V.

La soie filetée est vissée sur la poignée

La lame de section quadrangulaire est munie de quatre arêtes et de quatre gouttières, sa finition est généralement polie brillant, certaines ont été bleuies, à la fin de la Première Guerre mondiale, et dans les années 20. 

Les lames étaient marquées en théorie d’un petit poinçon de contrôle qualité et de la marque d’acceptation  militaire appelée Contrôleur Poinçons (tampons des contrôleurs). Il y avait trois types différents de marques d’acceptation utilisées : Directeur de Manufacture, Contrôleur Généraux Principaux et Contrôleur de 1ème, 2ème et 3ème Classe. Les marques, Directeur de Manufacture et Contrôleur Généraux Principaux seront trouvées avec une lettre dans un cercle et Contrôleur de 1ème, 2ème, et 3ème Classe seront trouvées avec une lettre dans un bouclier.

Brasure Marques de contrôles estampillées sur le bas ou le côté juste au-dessus du pontet

Le fourreau utilisé avec les premières baïonnettes à soie courte est en tôle d’acier reliée par brasure, ce mode de fabrication a été utilisé jusqu’en 1893. Son corps de finition bronzée épouse parfaitement le profil de la lame, son extrémité est terminée par une bouterolle de diamètre 10 mm, non percée, le ressort interne est maintenu par un rivet, le pontet constitué d’une seule pièce enveloppe le corps.

  1. Le modèle 1886 à soie longue

1886 001

Longueur : 640 mm
ø interne de la douille : 15 mm
Poids : 405 g

Armement : fusil Lebel M1886 et dérivés

Valeur :  €€€ €
Rareté : che1valierche1valierche1valier
Remarques :
Cette variante du modèle 1886 avec soie longue, a été fabriquée de mai 1890 à 1916.

En observant ce plan d’époque, on peut remarquer que le modèle de gauche à soie longue est beaucoup moins coûteux à fabriquer, pas de filetage à l’intérieur de la poignée ni de bouchon à l’extrémité.

La poignée de cette variante, modifiée à partir de mai 1890, est maintenue à la soie grâce à un écrou à deux ergots. Malgré un aspect visuel identique à la variante antérieure, tous les éléments qui la constituent ne sont pas interchangeables. La modification des éléments constituant la poignée, avait pour but de renforcer l’ensemble. La poignée est généralement en maillechort ou très rarement en laiton, seulement utilisée à partir d’octobre 1914.

Il est possible de rencontrer dans de très rares cas, des crochets soigneusement abrasés, le matricule de l’arme est alors inscrit, soit sur le méplat où se trouvait initialement le crochet, soit sur la poignée.

A= Variante antérieure à 1893, B= ultérieure à 1893

A partir de 1893, suite au décrochage des baïonnettes lors du tir, les taquets de fixation furent modifiés en largeur, passant de 5 à 7 mm.

La lame d’aspect identique au modèle à soie courte est munie d’une soie longue avec extrémité filetée. Sa finition est généralement polie brillant, certaines ont été bleuies à la fin de la Première Guerre mondiale, et dans les années 20.

Marquage MP (fabrication privée)

Au cours de la grande Guerre, les trois manufactures d’armes Nationales ont du faire appel à l’industrie privée pour la fourniture de certaines pièces (lames, pommeaux, croisières). Beaucoup de ces pièces ne portent donc pas les poinçons habituels du directeur et du contrôleur de la manufacture.

Certaines pièces ont été fabriquées par des entreprises privées, notamment :

1). L. Delage & Cie qui a fait des poignées et ont été marqués du code : LC sur la poignée
2). M. Guinard qui a fait les ressorts pour le loquet à collier rotatif
3). Établissement Malicet & Blin qui a fait des gardes-croisés et qui ont été marqués du code: M
4). Société des Anciens Établissements Panhard & Levassor qui ont fabriqué le loquet à collier rotatif et qui ont été marqués du code: PL sur la pièce
5). Société des Automobiles & Cycles Peugeot qui a fabriqué les lames, les vis de serrage et les fourreaux et ceux-ci seront marqués du code: P sur ces pièces
6). Les automobiles Renault qui ont fait l’adhérence et ont été marquées du code: R sur la poignée
7). Maison Vichard et Conge : 30 000 lames
Des lames ont également été rencontrées avec les codes suivants: (P, SG, SC, C&P, CF, GR, MP, etc ….) et des poignées ont également été rencontrées avec un B et M. entrelacés. On ne sait pas pour l’instant qui étaient ces entrepreneurs privés.

Le fourreau utilisé avec la baïonnette à soie longue, peut être en tôle d’acier brasée ou à partir de 1893 fabriqué par emboutissage ceci afin d’améliorer la solidité du corps. A partir de février 1915 la bouterolle d’extrémité sera percée afin de faciliter l’évacuation de l’eau, certains rares exemplaires sont munis d’une grosse bouterolle de diamètre 13 mm.

En 1903, est publiée au BMO une circulaire relative à l’utilisation de rivets de fourreaux de trois tailles différentes afin de compenser l’ovalisation des trous lors de la remise en état (jeu) du ressort. Ces rivets sont fournis par les manufactures au diamètre de 2,5, 3, et 3,6 mm.

  1. Le modèle 1886 modifié en 1915

Longueur : 640 mm
ø interne de la douille : 15 mm

Armement : fusil Lebel M1886 et dérivés

Valeur : €€€ €
Rareté :  che1valierche1valierche1valier
Remarques :
Lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté, l’armée française a commandé des centaines de milliers de baïonnettes, de ce fait les usines d’armement Nationales ont dû prendre des mesures pour maintenir le rythme. En novembre 1914, lorsque les usines réalisèrent qu’elles ne seraient pas en mesure de produire suffisamment de baïonnettes dans les délais convenus, une série de propositions furent faites pour simplifier le processus de production (décision prise en janvier 1915).

La poignée officiellement modifiée à partir de 1916, malgré un aspect général différent, est de constitution identique au modèle à soie longue.

La croisière et la virole sont de fabrication simplifiée afin de facilité leurs forgeages :

  1. La croisière à angle droit est dépourvue de crochet, cela évite également que celui-ci ne s’accroche dans les fils de fer Barbelés, bien présents aux abords des tranchées.
  2. Le bouton de la virole plat et quadrillé ne fait plus saillie.

Sur le modèle 1886-15, trois types de poignées ont été utilisées :

  1. En maillechort, cet alliage, (de cuivre, nickel et de zinc) était un matériau coûteux, notamment en raison du coût élevé du nickel en pleine guerre. Ce type d’alliage aurait été mis au point en France, entre 1819 et 1823, par les ouvriers métallurgistes lyonnais, les Français Maillot et Chorier (ou Chortier), ce qui explique ce nom composé par abréviation technique. Par la suite, de 1938 à 1940 on utilisera cet alliage pour la frappe des 5, 10 et 25 centimes « troués » type Lindauer.
  2. En laiton (cuivre et zinc), utilisée à partir du 25 octobre 1914, le laiton était moins coûteux que le maillechort.
  3. En fonte grise d’acier, utilisée à partir du 20 juillet 1917, mais très rarement rencontrée. La fonte a été testée par la Manufacture Nationale d’Armes de Châtellerault en mars 1917 et a été autorisée en raison de la facilité de coulée des entreprises privées.

Il est possible de rencontrer des modèles munis de poignées en laiton et crochets, par contre les poignées en fonte n’ont jamais été montées avec crochets.

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Le matricule de l’arme, composé d’une ou deux lettres en cursive suivie d’une série de 1 à 5 chiffres inscrit sur le méplat de la tranche inférieure de la croisière.

Le fourreau utilisé avec la baïonnette 1886-15, peut être en tôle d’acier brasée ou à partir de 1893 fabriqué par emboutissage ceci afin d’améliorer la solidité du corps. A partir de février 1915 la bouterolle d’extrémité sera percée afin de faciliter l’évacuation de l’eau, certains rares exemplaires sont munis d’une grosse bouterolle de diamètre 13 mm.

Les porte-fourreaux utilisés pour toutes ces variantes du M-1886 et M-1886-15 sont, voir (Porte-fourreaux) français N° : FR 18 A, B.

Il arrive de rencontrer des baïonnettes modèle 1866, 1886-15 dont la lame a été raccourcie aux alentours de 35 cm. Dans la majorité des cas, ces armes raccourcies sont des armes qui ont été appointées, fournissant ainsi un poignard de tranchée fort convenable. Les fourreaux sont aussi réduits en longueur artisanalement de diverses manières, le plus souvent par brasure de la bouterolle.

Remarques perso : 
Dans certains films durant la Première Guerre mondiale, un oeil averti peut remarquer des erreurs, comme par exemple dans le film « Joyeux Noël » de Christian Carion avec entre autre Guillaume Canet et Dany Boon, le choix du modèle des baïonnettes n’est pas le bon : lors du premier assaut, les soldats utilisent le modèle 1886 modifié en 1915 alors qu’il est apparu en 1916 et non en décembre 1914, date de la scène du film.

Période d’utilisation :
Utilisée durant la Première, Seconde Guerre mondiale et encore après.

La fabrication du fusil Lebel s’arrête avec la fin de la Première Guerre mondiale, mais sa carrière continue et on le retrouve encore durant la Seconde Guerre mondiale aux mains des unités de réserve principalement, les troupes d’actives étant équipés du modèle 07-15 ou du fusil modèle 16. Il est néanmoins gardé un fusil Lebel dans chaque 1/2 groupe de combat aux mains du tireur VB, le fusil Lebel étant plus résistant au fort recul de ce lance grenade que les autres fusils.

Remarques perso :
Ouvrage conseillé : « Les Baïonnettes Réglementaires Françaises de 1840 à 1918 » de la Gazette des Armes Hors Série N°7, très complet !

Avis personnel sur l’attrait de ce modèle :
Ces baïonnettes, vestiges historiques de la Grande Guerre, sont encore bien présentes, cachées au fond de certains greniers ou caves de la France rurale, chacune de celle-ci a vécu une histoire personnelle, évoquant à elle seule la souffrance de tous les militaires blessés ou morts pour la France.

Il existe une multitude de variantes, (soie courte, soie longue, sans crochet, types de poignées), tous ces modèles sont tous intéressants dans une collection.

Dernière mise à jour le 16/03/21.

Category Archives: Z France

Baïonnette-épée modèle 1874 (Steyr)

Longueur : 645 mm
ø interne de la douille : 17,4 mm
Poids : 595 g

Armement : fusil Gras M1874, Chassepot M1866
Fixation : sur le côté droit du canon

 

Valeur : €€€ €
Rareté : che1valierche1valierche1valierche1valier
Remarques :
Quelques baïonnettes M-1874 Gras qui faisaient partie d’un petit contrat pour le gouvernement français ont été fabriquées par la Manufacture d’armes de Steyr en Autriche (200 000 exemplaires) dans les années 1878 et 1879. Le mode de fabrication de ces baïonnettes, à quelques petits détails près est identique au modèle 1874 français.

La manufacture d’armes de Steyr a également produit des baïonnettes M-1874 pour la Grèce. Les baïonnettes grecs sont marquées sur le contre-tranchant en allemand, « Waffenfabrik Steyr » (Usine d’armement Steyr).

Spécificités

Marquage sur la soie sous la poignée : (OEWG)Marquage sur le bouton poussoirQuelques exemples de poinçons de contrôle imposés sur le crochet

La poignée est de constitution identique au modèle 1874 fabriqué en France. Après leurs arrivées sur le territoire national, ces baïonnettes autrichiennes étaient réceptionnées et contrôlées par une des trois manufactures d’armes. Comme leurs cousines françaises, elles étaient ensuite immatriculées au même numéro que l’arme à laquelle elles étaient attribuées.

Le matricule situé sur le crochet de la croisière se compose d’une lettre de préfixe (indiquant l’arsenal de la combinaison fusil / baïonnette) et d’un nombre de 1 à 99 999. Celui-ci est également répété sur le pontet à l’arrière du fourreau.

Les lettres de A à C, sont réservées aux fusils fabriqués à Châttelerault, de F à Q à Saint-Etienne sauf I et O, de R à T à Tulle. 

La lame en forme de T est très robuste, mais dépourvue de tranchant bien pratique pour la préparation d’un poste de combat dans les zones boisées, son extrémité de combat est munie d’un double tranchant usiné sur environ 15 cm, son profil est légèrement différent du modèle français.

Les baïonnettes fabriquées en Autriche sont marquées « Usine de Steyr », suivi de l’année de fabrication, à noter que si le marquage avait été en allemand « Waffenfabrik Steyr » cela aurait peut être choqué, suite à la guerre franco-prussienne, la susceptibilité des militaires l’utilisant. 

Le fourreau est de constitution identique au modèle 1874 français.

Les porte-fourreaux utilisés pour ce modèle sont, voir (Porte-fourreaux) français N° : FR 18 C, D.

Dernière mise à jour le 18/03/21.

Category Archives: Z France

Baïonnette scolaire de type Gras

Longueur : 510 mm
ø interne de la douille : 17,2 mm

Armement : fusil Gras scolaire

Valeur : €€€ €€€
Rareté : che1valierche1valierche1valierche1valierche1valierche1valier
Remarques :
Il existe une multitude de variantes de ce modèle, ces baïonnettes accompagnées du fusil Gras de petite taille, étaient destinées à former, à partir de 1882 les bataillons scolaires au maniement des armes afin de préparer la revanche suite à la défaite de 1871.

Comparatif N° d’arme 945 inscrit près du rivet

La poignée de cette variante, est constituée d’un pommeau en laiton qui intègre un mécanisme de verrouillage avec bouton-poussoir avec lame ressort de rappel en acier fixée par un rivet. Les plaquettes en noyer, dont une intègre également une partie de la lame ressort sont maintenues à la soie par deux rivets sur rondelles. La croisière munie d’un crochet, est fixée à la lame grâce à un rivet saillant, à noter que le diamètre interne de la douille est identique à sa grande soeur.

La lame en forme de T qui s’amincie progressivement a le même profil que sa grande soeur, destinée au maniement et à l’exercice son extrémité est arrondie afin d’éviter toutes blessures.

Le fourreau en tôle d’acier de finition bronzée de cette variante, épouse parfaitement le profil de la lame, son extrémité est terminée par une bouterolle, non percée. La cuvette avec son ressort interne est maintenue sur le corps par deux rivets, le pontet constitué d’une seule pièce enveloppe le corps.

Plusieurs types de fourreaux pour ces divers variantes existent : à pontet ou à petit bouton de suspension.

Création, organisation et fonctionnement des bataillons scolaires.

La loi du 28 mars 1882 met la gymnastique et les exercices militaires au nombre des matières d’enseignement des écoles primaires publiques de garçons.

L’existence légale des bataillons scolaires est reconnue par un décret en date du 6 juillet 1882.

Tout établissement public d’instruction primaire ou secondaire ou toute réunion d’écoles publiques comptant de deux cents à six cents élèves, âgés de douze ans et au-dessus pourra, sous le nom de bataillon scolaire, rassembler ses élèves pour les exercices militaires pendant toute la durée de leur séjour dans les établissements d’instruction…

Le bataillon scolaire ne pourra être armé que de fusils conformes à un modèle adopté par le Ministre de la Guerre… Ces fusils, devront présenter les trois conditions suivantes : n’être pas trop lourds pour l’âge des enfants ; comporter tout le mécanisme du fusil de guerre actuel ; n’être pas susceptibles de faire feu, même à courte portée. Les fusils seront déposés à l’école…

Pour les exercices du tir à la cible, les élèves des bataillons scolaires âgés de 14 ans au moins et que l’instructeur en chef aura désignés comme apte à y prendre part, seront conduits au stand ou au champ de tir et y seront exercés avec le fusil scolaire spécial…

Un arrêté du 27 Juillet 1882 précise que dans les communes où les bataillons scolaires sont constitués, les exercices de bataillon ne pourront avoir lieu que le jeudi et le dimanche, le temps à y consacrer sera déterminé par l’instructeur militaire, de concert avec le directeur de l’école. L’engouement est certain parmi la population.

L’idée de faire de l’école un centre de préparation et d’instruction militaire où les élèves apprendront le devoir, la discipline, le maniement des armes, le tir, apparaît comme une des clés du redressement national et un des moyens de préparer la revanche.

L’instructeur désigné par l’autorité militaire peut être l’instituteur qui est souvent un sous-officier ou officier de réserve.

Aux instituteurs Paul Bert leur dira, définissant ainsi leur mission : »Nous devons faire, par une éducation commencée à l’école par vous, continuée au régiment avec vous, de tout enfant un citoyen, de tout citoyen, un soldat. »

Le bataillon est organisé militairement, port de l’uniforme, du béret marin, apprentissage et utilisation du fusil, le chant patriotique est également de mise et anime les défilés. Les armes utilisées pour les exercices de manœuvre sont des carabines inertes en bois, l’exercice du tir réel est pratiqué avec des fusils tirant des cartouches de tir réduit, bien souvent ce sont les préaux qui servent de stand.

En 1886, année où on enregistre les effectifs les plus élevés, 146 bataillons sont constitués ; 49 départements sur 87 ont un ou plusieurs bataillons ; 43 326 élèves sont incorporés dans ceux-ci.

Avis personnel sur l’attrait de ce modèle :
Il existe plusieurs variantes du modèle de type Gras scolaire, celle-ci clone du modèle 1874, est particulièrement bien réussie.

Dernière mise à jour le 17/03/21.

Category Archives: Z France

Baïonnette-épée Gras modèle 1874

Longueur : 645 mm
ø interne de la douille : 17,4 mm
Poids : 600 g

Armement : fusil Gras M1874, Chassepot M1866
Fixation : sur le côté droit du canon

Valeur : €€€ €
Rareté : che1valierche1valierche1valierche1valier
Remarques :
Au début des années 1890, les fusils à un coup étaient déjà devenus obsolètes, par conséquent, le fusil Gras modèle 1874 a très rapidement été remplacé par le fusil à répétition Lebel M-1886. 

La baïonnette Gras M-1874 avec un pommeau légèrement modifié a également été utilisée avec le fusil à répétition Kropaschek M-1878 de Marine.

france gras invalidesPhoto faite au musée de l’armée aux Invalides à Paris (si vous avez l’occasion d’y aller, n’hésitez pas, cela vaut le détour !)

Comme pour le sabre-baïonnette M-1866, le M-1874 se fixe sur le côté droit du canon, cette position nuit fortement à l’équilibre de l’arme et contrarie les vibrations du canon.


La poignée est constituée d’un pommeau en laiton massif qui intègre un mécanisme de verrouillage avec bouton-poussoir avec lame à ressort de rappel en acier fixée par un rivet. Les plaquettes en noyer, dont une intègre également une partie de la lame ressort sont maintenues à la soie par deux rivets sur rondelles.

Quelques exemples de poinçons de contrôle imposés sur le crochetFrance Gras matriculeMatricule (R 97 908), de réception à la manufacture d’armes Matricule (AY 4267), de réception à la manufacture d’armes de ChâtelleraultFrance Gras ancre marineCette baïonnette frappée de l’ancre de marine était destinée à l’infanterie de marine, qui prendra en 1900 le nom de d’infanterie coloniale

La croisière du modèle 1866 Chassepot qui l’a précédé, par économie a été conservée, sa fixation à la soie s’effectue grâce à deux rivets saillants. Elle est munie d’un solide crochet destiné à briser la lame d’une baïonnette adverse lors d’un combat. La fermeture ajustable au diamètre du canon de la bague, qui s’effectuait par vis en arsenal pour le M-1866 a été modifiée par une fermeture maintenue par rivet. Deux petites encoches ont été réalisées à la base pour améliorer la fixation de la baïonnette au canon.

Ces baïonnettes qu’elles soient fabriquées par les trois manufactures d’armes Nationales : Saint-Etienne, Châtellerault, Tulle, par les deux ateliers parisiens civils, (Deny ou Oudry), par Steyr (Autriche) possèdent un matricule identique à l’arme à laquelle elles sont attribuées.

Ce matricule situé sur le crochet de la croisière se compose d’une ou deux lettres de préfixe (indiquant l’arsenal de la combinaison fusil / baïonnette) et d’un nombre de 1 à 99 999. Ce matricule est également répété sur le pontet à l’arrière du fourreau.

Les lettres de A à C, sont réservées aux fusils fabriqués à Châttelerault, de F à Q à Saint-Etienne sauf I et O, de R à T à Tulle. Dans de rares cas, il est possible de rencontrer des modèles complets dont la lettre ne correspond pas à la Manufacture, le lieu de fabrication sur le contre tranchant étant le bon, mais la lettre et le numéro de série correspondent au matricule d’un fusil d’une Manufacture d’armes différente. 

La quatrième manufacture d’armes Nationale de Mutzig (lettres D à E), située dans le département du Bas-Rhin (ex-Alsace) annexée, avait fermé définitivement ses portes quelques années plus tôt en 1870.

Gras 01Quelques exemples de poinçons de contrôle imposés sur la lameLe 7 indique le lot ou la qualité du métal utilisé

La lame en forme de T qui s’amincie progressivement est très robuste, mais dépourvue de tranchant bien pratique pour la préparation d’un poste de combat dans les zones boisées, son extrémité de combat est munie d’un double tranchant usiné sur environ 13 cm.

france gras comparaison 02Manufacture d’armes de Châtellerault (novembre 1876)Gras 02Manufacture d’armes de Saint-Etienne (1875)

Les baïonnettes fabriquées en grande série en France entre 1875 et 1886 par les trois manufactures d’armes militaires possèdent sur le contre-tranchant le nom du fabricant (Châttelerault, Saint-Etienne, Tulle), ainsi que le mois et l’année de fabrication inscrits en toute lettre.

france gras comparaison 04Marquages d’un des deux fournisseurs civils, L. Deny.france gras comparaison 05Marquages de l’atelier Oudry.

Les manufactures d’armes Nationales ne pouvant assumer la forte demande d’épée-baïonnette, certaines ont également été fabriquées dans deux ateliers parisiens civils, marquages (L.Deny ou Paris Oudry) suivis de l’année de fabrication.

D’autres baïonnettes extrêmement rares ont aussi été produites en privé en France par Sutterlin Lippman & Cie et François Louis Henry. 

François Louis Henry était entrepreneur à Châtellerault, lorsqu’il a produit ces baïonnettes M1874. Henry est également devenu entrepreneur à Saint-Étienne en 1884, succédant à Sutterlin Lippmann & Cie.

En général, la manufacture indiquée sur le dos de la lame correspond à la lette qui précèdent le nombre sur le crochet, mais ce n’est pas une règle absolue, car parfois une baïonnette fabriquée dans une manufacture est réceptionnée dans une autre.

Modèle de fabrication très précoce

Manufacture d’Armes de Châttelerault, septembre 1873

Ci-dessus présenté, un modèle de fabrication très précoce que je ne possède pas, un vrai trésor, merci à Philippe pour ces quelques photos.

Poinçon de contrôle

Le fourreau d’une qualité de finition irréprochable, en tôle d’acier reliée par brasure, de finition bronzée, épouse parfaitement le profil de la lame, son extrémité est terminée par une bouterolle non percée. La cuvette/ressort est maintenue par deux rivets, le pontet constitué d’une seule pièce enveloppe le corps.

Les porte-fourreaux utilisés pour ce modèle sont, voir (Porte-fourreaux) français N° : FR 18 C, 19 D.

Dernière mise à jour le 20/03/21.

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Sabre-Baïonnette Chassepot M-1866 (Stehelin & Cie) à Bitschwiller-les-Thann

Longueur : 697 mm
ø interne de la douille 17,5 mm
Poids : 630 gr

Chassepot 1866 France

Armement : fusil Chassepot M1866 ou système Gras M1874
Fixation : sur le côté droit du canon

Valeur : €€€ €€
Rareté : che1valierche1valierche1valierche1valierche1valierche1valierche1valier
Remarques :
Ce sabre-baïonnette a la particularité d’avoir été fabriqué à la manufacture alsacienne (Stehelin & Cie) à Bitschwiller-les-Thann (68). Cette entreprise privée fabrique, outre ses productions traditionnelles (moteurs, chaudières, transmissions, chaudronnerie lourde, roues et essieux pour wagons, etc.), des machines pour des tissages de laine et de coton, puis des machines de filatures et de préparation aux tissages. De février 1868 à mai 1869, la société reçoit une commande de baïonnettes en quantité limitée pour l’Armée Française.

Cet exemplaire (matricule K 96210) a été réceptionné à la Manufacture Impériale de Saint-Etienne en combinaison avec un fusil fabriqué dans cette Manufacture. Après le conflit franco-prussien (1870-71), cet exemplaire a réintégrer un fourreau qui fut bronzé par la suite à partir de février 1883.

Marquages : Stehelin & Cie à Bitschwiller-Thann Février 1868

Il existe au moins deux types de graphismes utilisés pour les marquages sur le contre-tranchant.

Dernière mise à jour le 10/12/20.

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Sabre-Baïonnette Chassepot modèle 1866

Longueur : 697 mm
ø interne de la douille 17,5 mm
Poids : 630 gChassepot 1866 France

Armement : fusil Chassepot M1866 ou système Gras M1874
Fixation : sur le côté droit du canon

Valeur : €€€ €€
Rareté : che1valierche1valierche1valierche1valierche1valier
Remarques :
Ce sabre-baïonnette a été fabriqué à partir de 1867 jusqu’en avril 1875, il a donc la particularité d’avoir été utilisé avant, et après la chute de l’Empereur Napoléon III, suite à la défaite de l’Empire français face au Royaume de Prusse en 1871.

Il remplace à la fois la baïonnette à douille et le glaive des troupes à pied modèle 1831 vulgairement appelé « coupe-choux ». Un document officiel daté de 1869 décrit ce modèle en ces termes :

« Une arme de main commode et puissante dans un corps à corps, fixé au canon, il devient baïonnette. Porté dans son fourreau d’acier, il flatte le soldat bien plus que ne peut le faire la baïonnette à douille dans son fourreau de cuir mince. En campagne, il peut servir dans maintes circonstances comme outil tranchant pour couper du bois, appointer des piquets, faire du fagot pour la soupe, etc. »

Malgré toutes ses qualités énoncées plus haut, cette baïonnette souffre de trois principaux inconvénients :

  1. Le premier est imputable à son ajustage particulier pour chaque arme. Afin de mieux faire comprendre au soldat, que désormais la baïonnette fait partie intégrante de l’armement et non de l’équipement, il est décidé d’adapter en manufacture chaque baïonnette à un fusil précis. Cette décision entérinera de fâcheux inconvénients durant la guerre de 1870-71, lorsque des soldats ayant échangé leurs fusils hors de service s’apercevront de la non-interchangeabilité de leur baïonnette et se retrouveront dans l’impossibilité de l’assujettir au bout du canon.
  2. Le deuxième inconvénient vient de la position du sabre-baïonnette sur le coté droit du canon. Cette disposition nuit fortement à l’équilibre de l’arme et contrarie les vibrations du canon. A 500 mètres on constate une dérivation de 1 mètre en bas et à gauche.
  3. Enfin troisième reproche fait à la baïonnette, son fourreau métallique poli-blanc brille et reflète les moindres lueurs. Il cliquette et signale la présence des patrouilles à l’ennemi. Son poids est également prohibitif.

La poignée en laiton moulé est munie de quinze rainures, elle intègre un mécanisme de verrouillage avec bouton-poussoir avec lame ressort de rappel en acier fixée par un rivet. Dans la majorité des cas, sauf cas exceptionnel, le premier rivet de maintien de la poignée se situe sur le troisième cordon, et le rivet de maintien du ressort entre le cinquième et sixième cordon.

Quelques exemples de poinçons de contrôle imposés sur le crochet et sur la lame

La croisière comporte une bague avec fermeture ajustée à l’arsenal au diamètre du canon du fusil auquel la baïonnette était attribuée. Un petite encoche a été réalisée afin d’intégrer le tenon à l’extrémité du canon pour améliorer la fixation de la baïonnette. Deux petites encoches ont été réalisées à la base pour améliorer la fixation de la baïonnette au canon.

Toutes les baïonnettes possèdent un matricule situé à gauche qui se compose d’une lettre de préfixe (indiquant l’arsenal de la combinaison fusil / baïonnette) et d’un nombre de 1 à 99 999. Ce matricule est également répété sur le corps du fourreau. Les lettres de A à C sont réservées à Châttelerault, de D à E à Mutzig, de F à Q à Saint-Etienne sauf I et O, de R à T à Tulle. Dans de rares cas, il est possible de rencontrer des modèles complets dont la lettre ne correspond pas à la Manufacture, le lieu de fabrication sur le contre tranchant étant le bon, mais la lettre et le numéro de série correspondent au numéro d’un fusil d’une Manufacture d’armes différente. 

La lettre X suivie du matricule, indique une fabrication de la baïonnette durant le siège de Paris (du 17 septembre 1870 au 26 janvier 1871), soit après 1874, arme de théorie pour les mousquetons et aux carabines de gendarmes à pied (Gras M1874).

Fourreau avec un ancien matricule barré et un nouveau avec un Z

La lettre Z suivie d’un matricule, indique que le sabre-baïonnette était destiné aux troupes non combattantes non armées de fusil, il restera jusqu’en 1914 l’arme des tambours, musiciens, ouvriers, soldats du service auxiliaire ainsi que les agents de police. Dans certains cas un nouveau matricule précédé de la lettre Z peut être re-frappé sur un fourreau de récupération.

La lame de type (yatagan), à un tranchant et contre-tranchant et pan creux de 430 mm de long sur chaque face convient parfaitement pour les travaux de bivouac. « Yataghan » est dérivé du mot turc pour « celui qui se couche » pour décrire le profil de la lame à double courbe de descente. La double courbe ajoute de la résistance et de la rigidité, tout en gardant la poignée et le point d’alignement pour une efficacité de poussée. Son extrémité à double tranchant augmente ses propriétés de coupe et de pénétration.

chassepot-02Manufacture Impériale de Saint-Etienne septembre 1868Saint-Etienne mars 1871Chassepot 1866 03Manufacture d’armes de Saint-Etienne septembre 1874

Les baïonnettes fabriquées en France comportent un marquage sur le contre tranchant qui varie suivant la période de fabrication, plusieurs types de marquages existent.

  1. Marquages ​​du Second Empire de 1867 à 1870 : Manufacture Impériale de (Châttelerault, Saint-Etienne, Tulle, Mutzig), mois et année.
  2. Marquages du gouvernement de Défense Nationale et début de la Troisième République de 1870 à 1872 : Manufacture Nationale de (Châttelerault, Saint-Etienne, Tulle), mois et année.
  3. Marquages du gouvernement de Défense Nationale et début de la Troisième République de 1871 à 1873 : Uniquement (Saint-Etienne, Tulle), mois et année.
  4. Marquages de la Troisième République de 1873 à 1875 : Manufacture d’armes de (Châttelerault, Saint-Etienne, Tulle), mois et année.

La manufacture d’armes de Mutzig, située dans le département du Bas-Rhin (ex-Alsace) annexée a fermé définitivement ses portes en 1870.

Le fourreau d’une qualité de finition irréprochable, en tôle d’acier reliée par brasure, épouse parfaitement le profil de la lame, la cuvette/ressort est maintenue sur le corps par deux rivets, le pontet est directement fixé sur le corps. Il sera bronzé seulement à partir de février 1883, pour une utilisation avec les baïonnettes destinées aux mousquetons et aux carabines de gendarmes à pied modèle (Gras 1874) et pour celles de la (série Z).

Période d’utilisation :
Le sabre-baïonnette a été utilisé à partir de 1867 jusqu’en 1939 où il accompagnait le mousqueton Gras modèle 1874 converti, afin de pouvoir tirer la munition Lebel (8 x 50 mm) à poudre sans fumée dans certaines unités de garde de terrain d’aviation.

Remarques perso :
Ouvrage conseillé : « Les Baïonnettes Réglementaires Françaises de 1840 à 1918 » de la Gazette des Armes Hors Série N°7, très complet !

Dernière mise à jour le 22/01/20.

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Glaive modèle 1831 des troupes à pied

Longueur : 640 mm
Poids : 1020 gr

Armement : arme de côté

Valeur : €€€ €€€ €
Rareté : che1valierche1valierche1valierche1valierche1valierche1valier
Remarques :
Le 12 mai 1831, le comité d’infanterie annonce l’adoption d’un nouveau modèle de glaive, destiné à compenser la relative fragilité du modèle 1816 dont la lame était à pans creux. Avant l’adoption de cette arme, des essais assez sévères furent réalisés. Le cahiers des charges de l’époque exigeait, que le glaive puisse frapper 4 000 coups sur des bûches en moins de 8 heures sans que la lame soit dégradée en ne présentant aucun jeu dans la poignée.

Ce glaive équipa entre autres les soldats de l’infanterie, ainsi que ceux de la légion étrangère jusque dans les années 1870. Il était utilisé comme outil tranchant en campagne, il pouvait aussi faire office de hache de campement, et de serpe pour couper le fourrage des chevaux.

A partir de 1866, l’armée adopte le nouveau fusil Chassepot avec son sabre-baïonnette, il mettra un terme définitif à sa distribution.

Il fut produit jusqu’en 1861 à environ 108 000 exemplaires par la Manufacture d’armes de Châtellerault principalement, mais aussi par des firmes privées comme Talabot ou Pihet pour la Garde Nationale.
Certains exemplaires marqués « La Loi » étaient destinés à des unités de Police, provenant de chez Pihet. Un modèle 1842/52 suisse de pionnier à lame munie de dents de scie existe également, à ne surtout pas confondre.

La poignée de style Roman, d’une seule pièce en laiton nervurée et pommeau rond comporte 26 cannelures. Elle recouvre en totalité la soie, sa fixation est effectuée par matage, aucun rivet ne traverse la poignée. La croisière droite symétrique est terminée par deux « quillons » à rouleaux.

La lame à double tranchant, assez souple est parfaitement symétrique, la partie la plus épaisse se situe sur l’axe central, elle forme une arête qui lui donne une section en forme de losange.

Le fourreau en cuir noirci, comporte une cuvette en laiton munie de deux lames ressort, elle est fixée par deux agrafes, la garniture à l’extrémité est simplement emboutie.

Dernière mise à jour le 10/01/20.

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Baïonnette modèle 1857

Longueur : 582 mm
ø interne de la douille : 22,2 mm
Longueur de la douille : 67 mm
Poids : 395 gr

Armement : fusil d’infanterie modèle 1857 et dérivé

Valeur :  €€€ €€€ avec fourreau
Rareté :
 che1valierche1valierche1valierche1valierche1valierche1valier
Remarques :
Le 28 janvier 1857, sur proposition du Comité Technique de l’Artillerie du 5 janvier, l’Empereur Napoléon III a pris la décision de faire fabriquer un nouveau fusil d’infanterie de même longueur que le fusil de Voltigeurs de la Garde. A cette occasion, il demande au Comité d’étudier l’allongement de la baïonnette pour compenser la diminution de longueur du fusil.
Le 3 février, le Ministre de la Guerre charge officiellement le Comité d’étudier le problème et de lui présenter un modèle de baïonnette muni d’une lame de 51 cm au lieu des 46 cm en service alors.
Le 11 février, le général Thiry, président Comité, fait répondre au Ministère que le dépôt Central ne possède pas les ressources nécessaire pour ce genre de fabrication. A son avis il serait plus expéditif et plus sûr de s’adresser directement aux manufactures d’armes.
Il est alors commandé à chacune des quatre manufactures, à savoir St-Etienne, Châtellerault, Tulle, et Mutzing, trente baïonnettes ayant des lames longues de 51 cm et recommandé aux directeurs de ces établissements :

  1. de conserver la pointe à la même distance de l’axe de douille que celle du M-1847.
  2. de donner le plus de raideur à la lame.
  3. de n’augmenter le poids que du strict nécessaire.

Lorsque ces baïonnettes auront été fabriquées, elles seront envoyées, munies de leurs fourreaux à Paris et données à une compagnie d’infanterie à Vincennes où l’on procèdera alors aux expériences de tir, de maniement d’armes, etc ……., selon un programme qui aura été agréé par le ministre.

En mai 1858, les baïonnettes sont essayées au 3e Voltigeur de la Garde, à raison de 60 baïonnettes de quatre modèles différents dits numéros 1,2,3,4. Ces armes ont été ajustées aux canons des fusils par le chef du corps et marquées du numéro matricule de l’arme à feu. Il est reconnu que les n° 3 et 4 sont plus lourds que la baïonnette actuellement en service, et finalement la baïonnette n° 2 est préférée.

Par la suite, plusieurs essais seront encore réalisés. Les rares rapports qui nous sont parvenus nous apprennent que la nouvelle baïonnette ne gêne en rien les différents mouvements de l’arme et que sa force de pénétration ainsi que sa résistance aux chocs sont bien supérieurs à celle du M-1847. Par exemple la pénétration de la lame dans un madrier de chêne est de 41 mm contre 33 mm pour la 1847.

Le 13 novembre 1859, le Comité d’Artillerie fait enfin parvenir au Ministre ses conclusions : il y a lieu d’adopter la baïonnette à lame quadrangulaire de 51 cm pour tous les corps d’infanterie armés de fusils M-1857, 1840 et 1842 transformés. Suite aux rapports des corps, nous savons qu’il s’agit du modèle de baïonnette portant le n° 2 lors des essais, mais nous ne savons pas quelle est la manufacture qui l’a mis au point, bien qu’il s’agisse vraisemblablement de Châtellerault, citée en second dans la liste des manufactures.

Le 20 novembre 1859, le Ministre de la guerre décide que la baïonnette M-1857 serait adoptée par l’infanterie après épuisement des approvisionnements existants. La production n’a pas dû être entreprise avant le début de 1860, et vu le stock important de baïonnettes M-1822 et 1847 encore disponibles dans les corps, elle n’a probablement pas été très importante, d’autant que l’adoption en 1866 du nouveau fusil d’infanterie, muni d’un sabre-baïonnette, a sonné le glas de la baïonnette d’infanterie à douille. Elle a toutefois été employée au cours de la guerre Franco-Prussienne de 1870.

Ce modèle d’une qualité de fabrication irréprochable est considéré comme un prototype, il avait été conçu pour remplacer les modèles 1822 et 1847 sur les nouveaux systèmes d’armes M-1857, quelques exemplaires avec un ø interne de la douille réduit équipèrent pour essai les fusils Manceaux Vieillard.

modele-8147-03modele-8147-04modele-8147-05modele-8147-06

La douille à triple fente et virole médiane est en tout point est de vue identique au modèle 1847, elle est reliée à la lame par un court coude de section ovale. Lors de la fabrication de la baïonnette, la douille et la lame sont fabriquées indépendamment et ensuite soudées ensemble.

Tenon de fixation de baïonnette, fusil M-1822Baïonnette M-1822 fixée sur un fusil M-1777

Après la mise en place de la baïonnette, l’utilisateur tourne la lame d’1/4 de tour dans le sens des aiguilles d’une montre, l’avance vers lui de manière à intégrer le tenon situé sous le canon, et tourne d’1/4 de tour la virole à l’inverse des aiguilles d’une montre, la douille est ainsi verrouillée. Ce système de fixation a comme désavantage, à cause de la baguette de nettoyage située sous le canon, de déporter la lame, dans ce cas à droite, ce qui nuit à l’équilibre de l’arme au moment du tir.

La lame de section quadrangulaire, comparativement au modèle 1847 résiste parfaitement à la torsion, son extrémité est pointue.

Remarques perso :
Merci à Mr P. Renoux pour certaines informations complémentaires (Gazette des armes n° 185).

Dernière mise à jour le 12/10/20.

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